Retour porte de Versailles à l’automne dernier pendant le Mondial de l’Automobile parisien, sur le stand Skoda. On se pressait autour de l’Octavia II, jugée à haute et intelligible voix « comme une belle et bonne bagnole ». Un commentaire élogieux sur une Skoda émis en public… Allons, allons soyons honnêtes. Qui pensait un jour pouvoir dire ça d’une voiture de l’Est ? Nourris que nous étions à l’image de la Traban. La bagnole d’Europe centrale, ça monsieur, c’est robuste mais ça a l’esthétique et la finesse d’un char soviétique. Qui donc pensait pouvoir admirer franchement une Skoda avant 1990 et la reprise de la firme par Volkswagen ? Parce qu’il faut bien le dire, la meilleure chose qui soit arrivée au constructeur tchèque depuis bien longtemps, c’est d’avoir été mangé par le groupe allemand. Car en dépit des turbulences qui le secouent actuellement, Volkswagen est et reste un grand faiseur de voitures dont l’expertise a profité à chacun de ses affiliés. Ce n’est pas l’Espagnol Seat qui viendra dire le contraire. Aujourd’hui, le leader européen fait figure d’ambulance sur laquelle nous n’avons pas envie de tirer. Recul généralisé des ventes, perte de son leadership sur le marché chinois dont il fut pionnier, bataille juridique interminable avec l’Union Européenne quant à la répartition de son capital et maintenant, en guise de griotte amère sur ce gâteau indigeste : un double scandale où se mêlent finances, politique, corruption… Un cocktail nauséabond dont le groupe de Wolfsburg aurait volontiers fait l’économie. Bien plus encore que celles d’échelle auxquelles il est contraint et qui font craindre une remise en cause de ses effectifs et de son modèle social si souvent loué jusqu’alors. Au chapitre des bonnes nouvelles, Volkswagen pourra toujours s’enorgueillir de la bonne santé de son affilié tchèque qui se sent pousser des ailes et ne se cache plus ses appétits asiatiques. Mais est-ce vraiment une consolation ? SZ