Souvenez-vous, il y a encore quelques mois, à l’époque où la noce était encore d’actualité, nous étions tous dans le cortège à jeter un œil circonspect sur la mariée. Fiat, cette Italienne, autrefois, seulement autrefois, belle, n’était digne selon personne de General Motors son fiancé américain. Fringant premier de l’automobile mondial. Que n’avons-nous dit ou écrit sur son absence de dot industrielle ou l’état de plus en plus troué de son jupon commercial. Le divorce est consommé, l’alliance est consumée. Six mois après leur séparation, à l’heure où les chemins se décroisent, on s’aperçoit que le fringant marié avait lui aussi un trou dans sa redingote. Bien plus gros qu’on ne l’aurait cru. Tandis que l’épousée refusée reprend du poil de la bête (bien aidée en cela par la somme payée par GM pour ne plus convoler), General Motors s’essouffle. Trop gras. 25.000 emplois à supprimer très vite pour espérer aller mieux. Des comptes dans le rouge et Toyota plus que jamais sur les talons. Souvenez-vous, il y a encore quelques heures, on vantait le dynamisme de l’économie américaine en jetant un oeil affligé et circonspect sur son homologue européenne. C’était très clair, depuis plusieurs mois la croissance ne savait plus parler que deux langues: le chinois et l’américain. C’est sans doute vrai, mais tout le vocabulaire inhérent à l’industrie automobile semble échapper à cet indicateur exclusivement bilingue. A l’instar de GM, l’Amérique automobile traverse une zone de fortes turbulences qui voient les ventes de Ford, General Motors et Chrysler reculer. Qui voit Visteon sauvé in extremis de la noyade par un Ford concerné et à peine moins mal loti que lui. Qui voit les constructeurs japonais donner la leçon aux Américains dans leur pré carré. Pendant ce temps, la vieillissante Europe, à l’image de Fiat, chemine à petits pas vers le mieux. On dit que la roue tourne. Ca aurait été tout de même un comble que cela ne soit pas vrai dans le domaine automobile. On aimerait maintenant que le mouvement tournant soit le même pour tous: vers l’avant.
SZ.
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