Ca y est ! C’est fait. Renault a changé de barreur. Fin avril, Louis Schweitzer qui a présidé treize années durant aux destinées du groupe français, a cédé sa place au dauphin qu’il avait choisi : Carlos Ghosn, la superstar de la planète automobile. Le dirigeant, souvent craint, toujours envié et jamais égalé. Le sauveteur de Michelin Brésil, Michelin Usa et Nissan. La star incontestable des cours de bourse. Le pourfendeur de coûts, le dégraisseur de mammouths industriels préféré des Japonais, le coach pour entreprises moribondes le plus titré. Le champion toutes catégories des redressements spectaculaires. Héros de mangas, recordman des titres universitaires de docteur Honoris Causa, polyglotte, cultivé, bon mari, père attentionné… N’en jetez plus ! La cour déborde… Et si Carlos Ghosn décevait? Non pas parce qu’il se révèlerait subitement incompétent. Mais tout simplement parce qu’il n’a pas cette fois à opérer de remise à flot miraculeuse. Son prédécesseur, Louis Schweitzer, a bien travaillé. Il laisse à son remplaçant les rênes d’un groupe bien portant, soutenu il faut le dire par les bonnes performances de Nissan… Carlos Ghosn aura-t-il la même aura sans l’allure folle du dirigeant barrant d’une main ferme dans la tourmente? Et si Carlos Ghosn décevait? Non pas parce qu’il s’avèrerait d’un coup d’un seul absolument inefficace, mais parce que l’on en attend trop de lui. Après avoir sauvé un Nissan quasi mort, que pourrait-il bien faire d’un Renault qui va bien si ce n’est l’emmener vers les sommets de l’automobile mondiale? A moins qu’il ne réalise la fusion entre Renault et Nissan que Louis Schweitzer a jusqu’alors refusé d’envisager. Et l’on se prend à rêver d’un Carlos Ghosn au sommet de son pragmatisme et qui pousserait le bon sens jusqu’à la folle ambition… SZ.
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